Le blues de Ma Rainey – George C. Wolfe – USA – 2020 – 1h34 – Ciné (Netflix)

Note : 3,5 / 5

Nous sommes en 1927, au Sud des États Unis. Deux jeunes noirs semblent poursuivis et courent dans la forêt en pleine nuit. Ils débarquent soudainement sur un chapiteau devant lequel d’autres noirs font la queue pour entrer.

A l’intérieur, une chanteuse fait son numéro tout en maitrise. Elle règne sur son public, ses danseuses et ses musiciens. Ma Rainey (Viola Davis) chante le blues. Il lui appartient, elle en est la mère.

Un jeune trompettiste, Levee (Chadwick Boseman), tente un solo et attire la lumière un instant. Ma Rainey remet de l’ordre et le renvoie à sa place, c’est à dire avec les autres musiciens au fond la scène.

Quelques jours plus tard, en pleine canicule, Ma Rainey est à Chicago pour enregistrer un disque. Trois des musiciens d’âge mur arrivent à l’heure au studio et sont accueillis par le producteur blanc qui les emmène dans une pièce borgne surchauffée où ils doivent tenter de répéter.

Le jeune trompettiste arrive peu après. Il a perdu un peu de temps pour s’acheter des chaussures jaunes avec l’équivalent d’une semaine de salaire. Il a négocié avec le producteur des nouveaux arrangements plus modernes pour les morceaux qui seront enregistrés.

Ma Rainey arrive en retard provocant un accident de voiture dans un quartier blanc, s’attaquant au policier, refusant les nouveaux arrangements, réclamant un coca pour accepter de commencer, imposant son neveu, bégayant, à la diction d’une présentation de morceau, affichant une relation homosexuelle avec une jeune demoiselle…..

Ce film est en quasi huit-clos. Il se déroule à 95% lors de la séance d’enregistrement. Unité de temps, de lieu et d’action. Il est donc tiré d’une pièce de théâtre écrite par un afro américain, August Wilson et le film ne cherche pas à cacher cette origine en essayant, par exemple, de construire des scènes extérieures à l’exception des quelques minutes du début.

Le thème principale est la place des noirs dans la société américaine durant les années 20/30. Chacun des protagonistes présentent une réponse différente à l’oppression générée par les blancs et vis à vis du pouvoir en général.

Les trois musiciens « d’un certain âge » ont accepté d’être dominé. Ils ont acquis une forme de sagesse, de tempérance qui les conduit à entériner l’ordre établi par les blancs mais aussi par des blacks tel que Ma Rainey. Ils essaient d’apprécier les bons moments en considérant que leur influence est très limitée.

Ma Rainey est en position dominante grâce à son art. Elle sait analyser les situations avec intelligence. Elle est consciente d’être exploitée par les blancs mais ne manque pas une occasion de leur faire comprendre qu’ils dépendent un tout petit peu d’elle. Elle sait qu’elle ne peut pas changer le système, elle se contente d’essayer de grappiller des éléments matériels souvent mineurs (un coca, une réparation de voiture….) qui lui permettent de préserver son image de femme libérée. Ce positionnement vis à vis des blancs lui donnent un réel pouvoir vis à vis des noirs.

Le jeune trompettiste essaie de remettre en cause l’ascendant de Ma Rainey en cherchant à influencer les choix musicaux et en n’hésitant pas à convoiter sa petite amie. Il est prêt à coopérer avec les blancs mais ne peut supporter l’asservissement des autres musiciens. Il est plein de rêves et d’illusions sur sa capacité à se faire une place unique sur la base de sa volonté et de son talent.

L’amour et le sexe sont aussi une question de pouvoir. Levee est à la recherche de l’aventure pour éprouver son pouvoir de séduction. Ma Rainey n’a pas d’illusion sur la fidélité de sa protégée et sait qu’elle ne pourra la garder que si elle maintient sa position dominante. La jeune fille n’est intéressée que par le confort matériel.

Même si le scénario est captivant, le film est quelquefois un peu bavard, les thèmes des dialogues sont un peu répétitifs. Un peu plus de musique aurait été souhaitable dans un contexte qui s’y prête et avec un arrangeur musical tel que Branford Marsalis.

La mise en scène est hyper classique malgré une ouverture qui pouvait laisser espérer quelques audaces. Les décors bien que sommaires et la gestion de la lumière sont remarquables.

Viola Davis joue une Ma Rainey impressionante et très convaincante. Le maquillage, et notamment la dentition reconstituée, est saisissant.

Chadwick Boseman décédera un an après la fin du tournage. Il est l’acteur le plus présent du film dans un rôle qui n’a rien à voir avec « Black Panther ». Il sait être émouvant dans le récit du destin de sa famille et dynamique en tant qu’ambitieux, enragé, persuadé de pouvoir échapper à un destin construit par la société et la religion.

Tourné en un peu plus d’un mois, ce film est un format qui paraît convenir à Netflix : des acteurs connus, un producteur (Denzel Wahington qui avait déjà adapté « Fences » du même auteur de théâtre avec Viola Davis comme actrice) influent, des scénarios éprouvés au théâtre, des actions peu gourmandes en décor. Les coûts sont limités et on parvient sans trop de risque à un niveau de qualité satisfaisant.

Actualités de jazz women françaises – France – 2020 / 2021 – Musique

J’ai essayé de privilégier, en lien, des extraits live. 2020 a marqué une vraie explosion de créativité féminine dans le domaine du jazz. C’est un phénomène unique au niveau international d’autant que ces femmes sont les véritables leaders de leur groupe.

Ludivine Issambourg – 2020 – Outlaws

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Note : 4,5 / 5

La normande a choisi la flute pour s’exprimer. Très présente sur la scène électro-jazz, elle a voulu, ici, rendre hommage à Hubert Laws qui accompagna notamment Herbie Hancock et le regretté Chick Corea dans les années 70. La sonorité est donc jazz rock / funk. L’album est produit par Eric Legnini que l’on retrouve au Fender Rhodes accompagné de Laurent Coulondre à l’orgue, Julien Herné à la basse et Stéphane Huchard à la batterie.

« Undecided » est le morceau introductif de l’album. La flute, le Fender Rhodes, l’orgue. Que des instruments qui me donnent le frisson.

Anne Ducros – 2020 – Something

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Note : 4 / 5

La chanteuse Anne Ducros sort un album tous les 2 ou 3 ans depuis 1989. « Something » est son 9ème. Elle privilégie, généralement, les textes en anglais et c’est encore le cas ici. Un recueil de standards de jazz : Tea for two, The good Life, Nuages… et quelques reprises de la pop : Something, Your song (Elton John)…

« Something » (lien ci-dessous) : reprise des Beatles (un titre écrit par Harrison). Une orchestration minimaliste avec la même formation que sur l’album : Adrien Moignard à la guitare et Diego Imbert à la contrebasse. Le choix de l’intimité, de la sérénité et de l’élégance.

Camille Bertault – 2020 – Le tigre

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Note : 4 / 5

3ème album de cette jeune représentante de la chanson jazz. Pianiste de formation, elle chante généralement ses propres compositions.

Une grande liberté créative qui s’affranchit des contraintes académiques du jazz. L’unité de l’album est créée par la voix qui est sur le souffle, posée et d’une grande fluidité. Les morceaux sont très divers : certains sont très rythmés et même dansants, d’autres sont doux, caressants et poétiques.

Elle est accompagnée par le pianiste Jacky Terrasson, Christophe Minck est à la contrebasse, Donald Kontomanou à la batterie, Minino Garaï aux percussions, Stéphane Guillaume à la clarinette et au saxophone soprano, Diego Figueiro à la guitare et Michael Leohnart à la trompette et à la production.

« Le tigre » (lien ci-dessous) est représentatif de cette volonté de créer une vraie ambiance vocale et visuelle.

Airelle Besson – 2021 – Try

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Note : 4 / 5

Son quartet avait été élu « révélation » aux Victoires du jazz 2015.

Airelle Besson cumule la composition de tous les titres, l’arrangement et le jeu à la trompette. Elle est accompagnée de Benjamin Moussay au piano (Fender Rhodes avec une valise magique pleine de cables), Fabrice Moreau à la batterie et Isabel Sorling au chant sans parole. Le groupe s’est forgé un son durant 5 ans de tournée (dont une date marquante pour moi à Romans).

Le jazz d’Airelle Besson est plutôt un jazz d’ambiance, un jazz aérien un peu mystique. Le but n’est pas le swing même si ça décolle vraiment par moment. La mélodie est toujours privilégiée.

Airelle a eu un bébé, il y a quelques mois. Elle a du interrompre la trompette, incompatible avec une grossesse. Reprendre l’instrument a été un vrai challenge physique et technique à l’image d’une sportive qui reprend la compétition après une longue interruption.

« Sound of your voice » (lien ci-dessous) débute l’album.

Anne paceo – 2020 – Sama

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Note : 4,5 / 5

« Sama » est un mini album succèdant à « Bright shadows » publié en 2019 qui était son 2ème album en tant que leader. Elle a longtemps été accompagnatrice (Rhoda Scott, Archie Shepp, Henri Texier, Jeanne Added, Melissa Laveaux…).

Anne Paceo, comme Airelle Besson, est compositrice, chef d’orchestre, arrangeuse. Son instrument, c’est la batterie et elle chante quelquefois comme sur le titre éponyme (lien ci-dessous).

Là aussi, nous sommes sur un jazz d’ambiance avec une improvisation totalement encadrée dans des structures longuement répétées. Chaque morceau raconte une histoire et nous embarque dans une forme d’aventure (que j’ai pu vivre à Valence il y a 2 ans et pourrai peut être revivre à Vienne cet été).

« Sama » est une danse des derviches tourneurs. Elle est accompagnée au chant par Ann Shirley et Florent Mateo. Les autres musiciens sont ses complices habituels : Tony Paeleman (claviers), Christophe Panzani (saxophone, clarinette) et Pierre Perchaud (guitare).

Le colibri – Sandro Veronesi – Italie – 2021 – 370 pages – Grasset – Roman

Note : 4,5 / 5

Le colibri, c’est Marco Carrera. Ce surnom lui a été attribué car il n’arrivait pas à grandir jusqu’à une décision de ces parents de le soumettre à un traitement à 14 ans.

« Probo (le père) ne supporta plus de le voir perché sur cette petite Vespa comme un bédouin sur son chameau et il prit son cas en main ».

Il va prendre 16 cm en 8 mois pour atteindre à l’âge adulte, une taille tout à fait normale et même un peu au-dessus de la moyenne.

Plus tardivement, on justifiera ce surnom par le fait qu’il sait rester totalement stable au-dessus des évènements de sa vie. Et des évènements, il y en a eu, qui ont pu générer de vraies souffrances. L’effet colibri n’est certainement pas très loin de ce que l’on appelle la résilience.

« Tu es un colibri parce que comme le colibri, tu mets toute ton énergie à rester immobile. Soixante-dix battements d’aile à la seconde pour rester là où tu es déjà. En cela, tu es formidable. Tu réussis à t’arrêter dans le monde et dans le temps, tu réussis à arrêter le monde et le temps autour de toi, et même parfois tu réussis à le remonter, à retrouver le temps perdu, tout comme le colibri est capable de voler à reculons. »

Marco est né en 1959, au sein d’une famille bourgeoise, cultivée, de Florence. Il est le cadet de la fratrie. Il a un frère, Giaccomo, et une sœur, Irène. Il perdra sa sœur qui mourra noyée à 20 ans (suicide?) et son frère qui immigrera aux USA ne donnant plus aucune nouvelle.

Son enfance est plutôt heureuse malgré les conflits grandissants entre ses parents, sans que Marco s’en aperçoive. Le père est un ingénieur solitaire, taiseux et passionné de science-fiction, la mère une architecte éprise de progrès et d’expériences nouvelles.

Au moment de la noyade de sa sœur, il déjeune avec Luisa dont il est follement amoureux. C’est leur premier rendez-vous. Elle a 15 ans, il en a 22. Cet amour sera constant tout au long de leur vie mais restera platonique. Ils s’écriront, se verront durant des week-ends, des vacances d’été, se quitteront mais se retrouveront toujours, même après plusieurs années. Marco pensera que cet amour platonique ne pouvait pas entrer en conflit avec l’amour qu’il portait à son épouse.

La mort d’Irène marque le vrai début de son existence de colibri, au sens psychologique.

« Après la mort d’Irène, il fallut des années pour qu’un Carrera recommence à respirer normalement et certains n’y arrivèrent plus jamais. Ils étaient une famille, la douleur les dispersa »

Il deviendra ophtalmologue, se mariera à une hôtesse de l’air slovène, Marina et aura une fille, Adèle. À 3 ans, la petite est persuadée d’avoir un fil fixé à son dos qui la relie à un mur. A chaque fois que quelqu’un passe derrière elle, cela l’oblige à contourner cette personne pour démêler le fil. Cela durera 3 ans, jusqu’à ce qu’un psychologue décide que le père doit être beaucoup plus présent. Marco remplace Marina, inscrit sa fille à l’escrime pour qu’elle ait vraiment un fil dans le dos et la phobie disparaît.

« Comment tu fais avec maman, avec moi ? Mais, lui expliqua-t-elle, tu ne passes jamais derrière moi. Voilà, ce fut à cet instant, devant une révélation si surprenante – il ne passait jamais derrière sa fille- qu’un frisson parcouru Marco Carrera et que débuta sa relation avec elle. »

« L’inversion des rôles -le père qui s’occupait de l’enfant et la mère qui s’occupait d’elle-même- guérit la fillette et entraina les lézardes annonciatrices de l’effondrement total du couple ».

Marina se retrouve totalement désœuvrée et se met à sortir beaucoup. Les relations au sein du couple se dégrade. Il va mesurer les dégâts suite à la prise de contact du psychanalyste de celle-ci, Daniele Carradori, pour vérifier des éléments et prévenir une catastrophe. Marco est un spécialiste de la vision que ne voit pas grand chose.

Il sera le seul de sa famille à ne pas faire de psychanalyse mais gardera jusqu’au bout de sa vie, un contact quasi amical avec Carradori qui laissera tomber le divan pour l’action humanitaire. l’ex psy l’aidera à passer certains caps de la vie en le conseillant ou même en jouant un rôle d’entremetteur bienveillant.

« sa mère fut responsable de son incoercible aversion pour la psychanalyse, qui par la suite se révèlerait cruciale dans ses relations avec les femmes, puisque le destin voudrait que toutes les femmes de sa vie, toutes sans exception se soumettent à des formes disparates de thérapie analytique, le portant à expérimenter le bien fondé d’un de ses intuitions de toujours, à savoir que la psychanalyse passive comme il l’appelait, causait des ravages. Mais aucune d’elles ne s’en souciait même quand il commença à s’en plaindre. La psychanalyse était comme le tabac, il ne suffisait pas de fumer, il fallait aussi se protéger des fumeurs. Sauf que la seule façon de se protéger de la psychanalyse des autres était d’en suivre une soi-même, et sur ce point, il n’entendait pas céder. Pourquoi, avec toutes les femmes de par le monde qui ne faisaient pas d’analyse, se liait il toujours et uniquement avec celle qui en faisait une ? Et pourquoi préférait-il exposer à ces dernières sa théorie sur la psychanalyse passive en s’entendant reprocher sa superficialité, plutôt qu’aux femmes qui ne la pratiquaient pas et auprès de qui le succès aurait été assuré ? »

Marco a un ami, Duccio Chilleri, qui dès son plus jeune âge porte malheur à tous ceux qu’il fréquente à l’exception de Marco. C’est la théorie de l’œil du cyclone. Marco est trop proche de lui pour être touché par la malchance qu’il propage. Leur amitié cessera lorsqu’à l’occasion d’un vol en avion, Duccio est pris de panique avant même le décollage. Il s’attaque aux autres passagers et ils sont tous deux expulsés de l’avion. Marco sera meurtri par cette épisode mais apprendra le lendemain que l’avion s’est crashé et qu’il n’y a aucun survivant parmi les passagers. Duccio utilisera sa faculté à transmettre la malchance comme un métier. Il sera rémunéré pour des missions, un peu comme un tueur à gage.

La vie sera difficile pour Marco. Il perdra des gens très proches dans des conditions difficiles et devra à chaque fois remonter la pente pour continuer à vivre pour les proches qui continuent à exister, dépendent de lui et aussi un peu pour lui même. Son investissement sur ce qui reste est à chaque fois plus important.

Sa vie est une bataille, elle n’a pas de sens et il n’a pas choisi d’être colibri. Il l’est de fait quand surviennent les évènements.

« Pour aller là où tu ne sais pas, il te faut passer par où tu ne sais pas » Jean de la Croix cité par Luisa.

Le roman est conçu comme celui de Marie-Helene Laffont « Histoire du fils ». Pas de récit linéaire : le 1er chapitre en 1999, le suivant en 1981, le suivant 1970-1979…..Comme nos souvenirs, quand nous nous posons, pour se remémorer quelques scènes ou quelques évènements de notre vie. Nous focalisons un instant sur une période, un épisode et nous passons à un autre 10 ans plus tard ou 5 ans avant.

En littérature, c’est toujours un peu difficile à suivre au début, le temps de connaître vraiment les personnages. Finalement le roman se déroule de 1960 à 2030.

Certains chapitres prennent la forme d’un récit avec un narrateur extérieur, certains sont des lettres, des mails rédigés par Marco ou Luisa.

L’histoire est centré sur un homme un peu candide et ce sont des femmes qui pourraient déstabiliser le colibri : sa sœur, sa mère, son amoureuse, sa femme, sa fille, sa petite fille. Cette dernière et la notion d’ « homme nouveau » qui y est associée, constitue peut être un élément faible du roman, trop décalée.

Veronesi développe des petites histoires périphériques qui vont entrer en collision ou influencer l’histoire principale qui décrit la vie du héros. Marco est en quelque sorte un centre immobile et autour de lui les choses bougent.

Ce type de roman se met en avant plus par la qualité de l’histoire, son agencement que par un style d’écriture particulier.

La fantaisie est constamment présente et voisine avec la tragédie qui n’est jamais très loin. On peut être décontenancé par ce foisonnement, ce désordre, cette forme de tragicomédie et de tendresse pour les personnages que l’on retrouve dans pas mal de romans latinos.

C’est le type d’ouvrage que l’on adore ou que l’on déteste mais qui ne laisse pas indifférent.

White tiger – Ramin Bahrani – 2021 – Indes – 2h05 – Ciné (Netflix)

Note : 4 / 5

Balram Halwai (Adarsh Gourav), jeune chef d’entreprise indien, donnant l’impression d’avoir réussi, nous raconte son ascension à travers la rédaction d’un mail au premier ministre chinois qui sera bientôt en visite à Bangalore. Il souhaite le rencontrer pour lui dire que l’Inde possède des entrepreneurs dynamiques.

Pour Balram, les castes sont des poulaillers où les individus ne sont que des poulets prisonniers de leur statut sans aucun espoir de liberté.

Enfant, il se révèle un élève brillant. Il pourrait avoir accès à une école primaire d’un meilleur niveau que celle de son village. Mais son père décède après une longue maladie. La famille en peut donc plus payer le « Seigneur » du village qui en contrepartie leur assure une certaine protection. Balram doit travailler, il ne retourne pas à l’école. Il obtiendra, non sans mal, de sa grand mère, qui se comporte en chef de clan intraitable, de passer le permis de conduire.

En visite dans un zoo, il tombe sur la cage d’un tigre blanc. Il apprend que c’est un animal exceptionnel, très rare qui nait par hasard. Il va s’assimiler à ce tigre blanc en considérant que son destin sera unique.

Adulte, grâce à des manigances, il réussit à devenir le chauffeur du fils du « seigneur » (Rajkummar Rao), un personnage qui semble éclairé car il a séjourné aux USA et a épousé une américaine, Pinky (Priyanka Chopra, ex Miss Monde), très émancipée et peu soucieuse des convenances indiennes. Ils vont considérer Balram comme un serviteur mais pas comme un esclave. La notion de caste leur est un peu étrangère.

Son activité de chauffeur va principalement consister à transporter le fils, de ministère ne ministère, avec des sacs plein d’argent liquide pour graisser la patte des fonctionnaires et politiques de tout bord afin que la famille puisse tranquillement continuer à exploiter des mines de charbon très polluantes.

Le jour de son anniversaire, Pinky en état d’ébriété décide de prendre le volant de la voiture. Elle tue un enfant qui traverse la route. La famille demande à Balram de signer, pour le cas où la police enquêterait, des aveux indiquant que c’était lui qui conduisait.

Balram perçoit, alors, pleinement la duplicité de la famille qui fait taire ses désaccords. Il va entreprendre une ascension de l’échelle économique plus que sociale en laissant de côté toute forme d’état d’âme.

Le film est l’adaptation d’un roman d’Aravind Adiga portant le même titre, sorti en 2008 (Booker Prize 2008).

La société indienne n’est pas présentée sous son meilleur jour dans ce film : système de castes fonctionnant dans l’intérêt des puissants, corruption généralisée…On n’a pas vraiment l’impression d’être dans ce qui est surnommé la « plus grande démocratie du monde ». Tous les protagonistes sont des personnages négatifs, même ceux qui rentrent des USA et ont le désir de casser les codes. Au final, ils sont contraints de se soumettre au système s’ils désirent rester. Pinky refusera et regagnera les États-Unis.

On est très loin de Bollywood et de ses déchirantes histoires d’amour mises en scène avec ballets et chansons. On est plus proche, mais avec une thèse inverse, de l’univers de « Slumdog Millionaire » qui était réalisé par un anglais, Danny Boyle. Contrairement aux apparences du nom, le réalisateur, Ramin Bahrani, n’est pas indien mais de nationalité américaine et d’origine iranienne.

Le héros ne suscite pas d’empathie particulière. Ses méthodes sont à l’image de celles de la société dans laquelle il évolue. Il essaie de s’y faire une place et ce n’est possible qu’en respectant le modèle commun. Sa naïveté n’empêche pas une grande efficacité car son adaptabilité est immense et il sait se comporter en prédateur, à l’image du tigre blanc. A son crédit, on a l’impression qu’il se comporte honorablement avec les chauffeurs de l’entreprise qu’il a créée.

Il n’y a pas de solution globale. Le système est immobile. Chacun doit s’en sortir avec ses propres moyens.

Le film entier est construit sous la forme d’un flash-back. L’ensemble est monté de manière très rythmé et les 2 heures passent sans aucun ennui dans une ambiance pessimiste et glaciale. Elle n’est pas sans rappeler celle de « Parasite » de Bong Joon-Ho.

La bande son fait une large place à une musique indienne actuelle qui pourra prendre la forme du rap.

Sonny Landreth – Blacktop Run – USA – 2020 – Musique

Note : 5 / 5

L’ambassadeur du rock louisianais traine sa bosse depuis maintenant plus de 30 ans. Depuis son premier album, « Outward Bound » en 1992, il s’est fait une vraie place à tel point qu’il est cité par Clapton comme l’un des meilleurs guitaristes de sa génération, en tout cas le plus inventif pour ce qui est du jeu, tout en étant très sous-estimé.

La Louisiane est une région à part aux USA. Sa musique blues / rock a su garder un aspect festif et dansant en utilisant, notamment, des instruments ou des techniques de jeux particuliers : l’accordéon (il faut aller écouter Buckweat Zydeco ou Clifton Chenier), la planche à laver (washboard), la guitare Dobro….

Sonny Landreth est un maitre de la guitare slide. Ce jeu particulier nécessite l’utilisation d’un bottleneck (goulot de bouteille) qui est en réalité un tube de verre ou de métal ou même de céramique que l’on enfile, en général, à l’annulaire et que l’on fait glisser (slide) sur les cordes au niveau du manche. Ce jeu est difficile car la précision des notes n’est pas assurée. Il faut maintenir le doigt très droit.

Landreth place le bottleneck à son auriculaire ; Cela lui permet d’avoir trois doigts libérés pour jouer des notes (au lieu de 2 si le bottleneck est à l’annuaire) mais il est beaucoup plus compliqué de garder l’auriculaire droit. Pour voir tout cela, un extrait live du premier album « Back to Bayou Teche ».

On retrouve Sonny Landreth, en tant que sideman, sur des albums très variés : « Osez Joséphine » de Bashung, « Carcassonne » de Stéphane Eicher, des albums de Mark Knopfler, de John Hiatt, Johnny Winter, Zachary Richard, John Matyall, des présences au festival Crossroads organisé par Clapton…..

« Blacktop run » est son 14ème album studio. Je ne l’ai pas lâché depuis l’achat de son premier album en 1992 et c’est toujours aussi bien même si c’est toujours un peu court : 35 mn.

Le titre éponyme en cliquant sur le lien ci-dessous.

La formation est réduite à un batteur, Brian Bignac, et un bassiste, David Ranson. Sur quelques titres, un accordéoniste, Steve Conn, vient compléter le trio dans l’esprit de la musique cajun.

Lien ci-dessous : « Don’t ask me » écrite par Conn. Intro et solo au Dobro.

Dans le même style « Mule » (lien ci-dessous). La voix de Landreth est reconnaissable entre mille. Elle est nasillarde, sans ressembler à celle de Dylan, et écoute après écoute, elle est franchement addictive.

Sonny Landreth vit à Breaux Bridge, une petite ville de 8 000 habitants près de La Fayette au milieu des bayous. Elle organise chaque année sa fête de l’écrevisse accompagnée d’haricots louisianais. La musique est très présente et on « laisse le bon temps rouler ». Pour la sieste « Somebody make a move » (lien ci-dessous)

De plus en plus d’instrumentaux dans les albums de Landreth (5 sur 10 titres). A près de 70 ans, Landreth, surnommé Mr. Slydeco, est resté quelqu’un de très modeste, pas vraiment un show-man, pas d’esbroufe, juste un bon artisan.

Pour terminer, trois instrumentaux. J’ai eu du mal à choisir. Ne recherchez pas des solos virtuoses, ça ne fait que rouler tranquillement. Le jeu est très technique mais on le remarque peu car il est naturel. Landreth ne domine jamais vraiment avec sa guitare mais il tient la mélodie constamment.

Lover dance with me (lien ci-dessous)

Groovy Goddess (lien ci-dessous)

Beyond Borders (lien ci-dessous)

Classement cinéma 2020

La liste qui suit est le résultat d’un cumul des classements de différents médias produisant des classements. Sont représentés Télérama, Le Masque et la Plume (France Inter), Les Inrocks, Première et Libération.

Les colonnes « Mois » et « Note » sont complétées pour les films que j’ai vus et peut être chroniqués.

Pour ce qui des films français, mon classement serait plutôt, pour les trois premiers : « Les choses qu’on dit » puis « Eté 85 » puis « Adieu les cons ». Assez proche, finalement, du classement proposé ci-dessous.

Par contre pour les films étrangers, je suis vraiment en décalage. Pour moi, ce serait : « Séjour dans les monts Funchun » puis « Michel Ange », « Never Rarely Sometimes always », « Dans un jardin qu’un disait éternel », « Drunk » et peut être « Mank » et « Adam ».

TitresRéalisateurpointsmoisnote
Dark watersHaynes1124
Séjour dans les monts FuchunXiagong874,5
Adieu les consDupontel85103,5
Choses qu’on dit (Les)Mouret8395
AdolescentesLifshitz8193
Cas Richard Jewell (Le)Eastwood753
Antoinette dans les CévennesVignal7093,5
Eté 85Ozon6774
Uncut gemsSafdie654
Effacer l’historiqueKerven Delpeine5492,5
TenetNolan5382,5
DrunkVinterberg47104
1917Mendes443,5
Fille au bracelet (La)Demoustier354
JosepDelpero33104,5
Eva en aoutTruba3183,5
Tout simplement noirZadi Wax3172,5
EnormeLetourneur2893,5
King of staten island (The)Apatow28
Pays qui se tient sage (Un)Dufresne24100,5
Siffleurs (les)Porumboiu244
Communion (La)Komasa21
Climb (The)Covino2084
OndinePetzold20
Si c’était l ‘amourChiha20
Invisible manWhannel193
Je veux juste en finirKaufman19
Michel angeKonchalovsky19105
Femme des steppesQuabab1884,5
MalmkrogPuiu17
Petit paysBernier17
About LeilaSidi Boumedine1671,5
Dans un jardin qu’on disait…Omori1684
Sept de Chicago (les)Sorkin16114
Jojo RabbitWaititi154
MignonnesDoucouré1493
DaysMing Liang13
Hotel by the riverSang Soo1282,5
Sel des larmesGarrel1273,5

La vengeance m’appartient – Marie Ndiaye – France – 2021 – 240 pages – Gallimard

Note : 4 / 5

Me Susane, avocate de 42 ans, s’est installée, en activité libérale, depuis quelques mois. Elle traite des dossiers sans grande importance jusqu’au jour où Gilles Principaux franchit le seuil de son cabinet.

Elle pense l’avoir déjà rencontré alors qu’elle accompagnait sa mère qui faisait, exceptionnellement, des ménages chez ses parents. Elle avait une dizaine d’années et lui 15 ans. Pour passer le temps, il l’avait invitée dans sa chambre et l’avait interrogée sur ce qu’elle pensait des lieux, sur ce qu’elle voulait devenir. Cette conversation, qui avait obligé la jeune fille à formuler une argumentation, fut à l’origine de la vocation de Me Susane. Est-ce vraiment cet homme ? Y a t-il eu uniquement une conversation ?

Gilles Principaux lui demande de défendre son épouse qui est emprisonnée après avoir tué les trois enfants du couple. Me Susane s’interroge sur la motivation du couple. Pourquoi s’adresse t-il à une avocate sans grande expérience ? Est-ce le hasard ou Gilles a t-il reconnu en Me Susane la jeune fille d’il y a 30 ans ?

Gilles principaux affirme toujours aimer son épouse et veut tout mettre en œuvre pour la défendre. Le monstrueux infanticide passe au second plan par rapport au destin de son épouse.

« Je l’aime et je ne l’abandonnerai jamais, je l’aime peut être plus et mieux qu’avant. Mon amour est sacré, inébranlable. Non, nous ne aimions pas profondément quand nous nous sommes rencontrés, quand nous avons eu les enfants ; Nous étions liés de manière lâche. A présent nous sommes liés tragiquement. J’aime cette Marlyne effroyable, je ne la comprends pas bien mais je ne peux pas la haïr. »

Me Susane demande à sa mère de confirmer que c’est bien chez les Principaux qu’elle avait effectué cet après midi de ménage. La mère ne peut ou ne veut répondre. Le père reproche à sa fille d’importuner sa mère avec des questions sans intérêts.

Les parents sont des gens modestes qui redoutent toutes les situations qui pourraient remettre en cause leur fragile équilibre de vie. Le choix de Me Susane de renoncer à une carrière de salarié, le fait qu’elle n’ait pas fondé de foyer les fragilise. Aussi, quand Me Susane pose sa question qui concerne une famille où s’est déroulée un drame inconcevable, ils préfèrent de ne pas s’impliquer dans la recherche de leur fille.

« Une information distraitement lancée devant eux, un banal regret pouvaient transformer leur visage ouverts et rieurs, candides et francs en masques d’anxiété »

« Mais ils l’aimaient tant, elle le savait ! Leur arrivait-il, dans leur amour incommensurable, de souhaiter parfois le repos de cet amour, la disparition de Me Susane ? »

« Me Suzanne avait honte de désirer changer de voiture. Elle sentait cependant que l’estime qu’elle se portait en serait accrue puisque ses parents l’aimeraient davantage encore. »

Me Susane rend visite, en prison, à Marlyne Principaux. Elle assume les crimes sans pouvoir vraiment les expliquer. Une mère qui aime ses enfants, leur consacre tout, et qui les tue en les noyant, sans abîmer les corps.

Elle ne supportait plus la bienveillance de son époux. Cette bienveillance est perçue comme une persécution.

Marlyne «je ne voulais pas qu’il (Gilles Principaux) se sente contrarié, énervé parce que les choses n’étaient pas bien en place. Il était gentil, oui, jamais une parole méchante. Mais je pouvais sentir sa déception , son mécontentement quand je n’avais pas bien fait ».

« Elle avait voulu être une mère de famille de haut niveau, comme une athlète. »

Marlyne avait laissé tombé son métier de prof et quitté la vie professionnelle et civile pour se consacrer à une vie familiale confinée……

Ce roman est étrange. On y retrouve un peu l’ambiance, avec un talent, une complexité amplifiées, de la « Chanson douce » de Leila Slimani. L’infanticide, l’aspect clinique, lisse et détaché de l’écriture mais aussi des actions et réactions des personnages qui ont quelques similitudes.

Marie Ndiaye tente des constructions littéraires audacieuses avec notamment des monologues impressionnants comprenant des phrases très longues entrecoupées de « mais » pour celui de Marlyne et de « car » pour celui de Gilles. Elle aime les adjectifs, les adverbes.

« Elle savait aussi que ces derniers ont une propension paradoxale mais coutumière, fatale donc pardonnable, à tenir rigueur à la petite fille de n’être point jolie plutôt qu’à blâmer leurs propres défauts qui, nombreux, multipliés dans l’acte de reproduction, se retrouvent flagrants et désolants sur le visage et dans la silhouette de l’enfance. »

L’ambition est plus large que chez Slimani. Un plus grand nombre de personnages et la volonté de traiter plusieurs histoires en parallèle :

  • le crime de Marylin Principaux,
  • le passé et la vie des parents de Me Susane,
  • Rudy (ancien compagnon de Me Susane ?) et la garde de sa fille Lila, par Sharon, l’employée de Me Suzanne,

« Je t’aime beaucoup Rudy, et cette déclaration que tu trouves décevantes correspond au plus haut point de mon aptitude à aimer. Comme je suis rétive à l’idée d’aimer davantage, comme je ne crois pas pour moi, à l’amour fou et comme me rebutent les obligations d’un semblable amour, soyons d’excellents compagnons. Mais Rudy était un homme sentimental »

  • et surtout le lien entre l’avocate et Sharon, une sans papier mauricienne que Me Susane emploie comme femme de ménage tout en tentant d’obtenir sa régularisation, la quête du certificat de mariage de Sharon devient centrale. La femme de ménage qui semble fragile devient progressivement dominatrice….

Marie NDiaye créée des petits liens entre chaque histoire : l’après-midi de ménage fait le lien entre l’affaire Principaux et les parents, Sharon serait employée également comme femme de ménage chez les Principaux, Sharon garde Lila de que les parents de Me Suzanne considère quasiment comme leur petite fille…..

Progressivement au fil du roman, l’affaire Principaux disparaît au profit de la problématique « Rachel ». On a l’impression de Marie Ndiaye a commencé une histoire forte qui s’épuise faute de vrai rebondissement.

Tous les protagonistes sont hors normes et la famille est le thème central du roman : la famille Principaux, la famille de Me Susane, la famille de Sharon….Elles sont toutes dysfonctionnelles.

Marie Ndiaye arrive à créer un climat lourd, opaque ne perdant pas une seule occasion de générer un ou des mystère (s) lié (s) à chaque individu.

On ne connaitra jamais le prénom de Me Susane qui parait être une femme totalement quelconque : grande, sans finesse, physiquement maladroite. Sa mémoire est quelquefois précise et par moment totalement défaillante ou trompeuse. Elle cherche à faire le bien un peu mécaniquement, par devoir, sans vrai amour. Elle apparaît parfaitement lucide la plupart du temps mais subit soudainement, sans crier gare, une dépression qui l’abat quasiment, un peu comme si elle était victime de magie noire. Comme Marlyne, mais avec moins de violence, elle va tenter de se désenvouter, de réussir à vivre avec tous les mystères qui l’environnent sans avoir toutes les réponses.

Elle reste suffisamment floue pour que l’on arrive jamais à se la représenter vraiment. Ce roman ne doit jamais être adapté au cinéma pour conserver son mystère. L’incarnation des personnages par des acteurs sera obligatoirement décevante pour les lecteurs du roman.

Plus banalement, ce roman met en évidence les rapports de classe au sein de la société bordelaise. Me Susane vient d’un milieu populaire et a tenté de s’élever en devenant avocate. Elle a du mal à accepter d’avoir Sharon à son service et est constamment gênée par la supposée soumission de celle-ci. Les Principaux sont des bourgeois qui émerveillent la petite fille.

C’est peu dire que l’on ressort de ce roman avec quelques questions. On ne sait plus très bien où se situe la vérité, la réalité. Les moments vécus se sont transformés en souvenirs dont la fiabilité est plus que douteuse.

Liste des critiques 2020

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Elles sont répertoriées sur le site dans l’ordre défini ci-dessous.

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Cinéma

Titre du filmRéalisateurNoteMois
Cancion sin nombreMelina Leon46
Un filsBarsaoui46
L’ombre de StalineHolland3,56
De GaulleLe Bonin0,56
Le capital au 21ème sièclePemberton17
About leilaSidi Boumedine1,57
Né à JerusalemAtia Ofek2,57
MadreSorogoyen27
Les meilleures intentionsBlaya3,57
Ip man 4Yip3,57
Tout simplement noirZadi Wax2,57
Le sel des larmesGarrel3,57
Lucky StrikeKim47
Ete 85Ozon47
Les parfumsMagne2,57
ChainedShani47
L’envoléeRiley47
BelovedShani3,57
Hotel by the riverSang Soo2,58
White riotShah38
L’infirmièreFukada38
Dans un jardin qu’on dirait éternelOmori48
The perfect candidateAl- Mansour48
La femme des steppes, le flic..Quanan4,58
Le défi du championD’Agostini2,58
Light of my lifeAffleck38
Eva en aoutTruba3,58
The climbCovino48
TenetNolan2,58
RocksGavron3,59
AdolescenteLifshitz39
Les choses qu’on dit ….Mouret59
Never rarely sometimes alwayshittman4,59
Africa miaMinier49
La daronneSalome3,59
EnormeLetourneur3,59
Citoyen du mondeDi Gregorio2,59
PoliceFontaine39
Antoinette dans les CévennesVignal3,59
EmaLarrain29
Effacer l’historiqueKerven Delepine2,59
MignonnesDoucouré39
DrunkVinterberg410
Michel AngeKonchalovsky510
Adieu les consDupontel3,510
CalamityChayé410
MaternalDelpero410
JosepAurel4,510
Lupin III : The firstYamakazy3,510
Sing me a songBalmes2,510
Un pays qui se tient sageDufresne0,510
Les apparencesFitoussi210
The trial of the Chicago 7Sorkin411
BronxMarchal1,512
Enola HolmesBradbeer1,512
MankFincher4,512

Littérature

Titre du bouquinAuteurNoteMois
Chambre 622Dicker Joel27
La vie mensongère des adultesFerrante Elena47
Le flambeur de la CaspienneRufin Jean Christophe37
Il était deux foisThilliez Franck37
La commode aux tiroirs…Ruiz Olivia3,57
La vie est un romanMusso Guillaume1,57
Le cœur de l’AngleterreCoe Jonathan47
Avant que j’oubliePauly Anne48
Le pays des autresSlimani Leila3,58
Retour de serviceLe Carré John3,58
Et que ne durent …Grimaldi Virginie18
La valléeMinier Bernard2,58
Femmes sans merciLackberg Camilla08
La faiblesse du maillonHalphen Eric2,58
Changer l’eau des fleursPerrin Valérie48
Un mariage en 10 actesHornby Nick1,58
YogaCarrère Emmanuel59
Tous les hommes ….Dubois Jean Paul49
Comédies françaisesReinhardt Eric3,59
Fleishman a des ennuisBrodesser Akner Taffy3,59
Les aérostatsNothomb Amélie29
Âme briséeMizubayashi Akira410
Histoire du filsLafon Marie Hélène410
ImpossibleDe Luca Erri4,510
Une rose seuleBarbery Muriel410
Le requin de ShinjukuArimasa Osawa311
HéritageBonnefoy Miguel411
Nature humaineJoncour Serge311
Le cœur synthétiqueDelaume Chloé211
L’anomalieLe Tellier Hervé3,511
ChavirerLafon Lola3,511
Fantaisie allemandeClaudel Philippe311
Ici pour aller ailleursGeoff Dyer412
Incendie nocturneMichael Connelly3,512
MetropolisPhilip Kerr412
Les impatientesAmal Djaili Amadou412
Ce que je ne veux pas voirDeborah Levy412
Le coût de la vieDeborah Levy4,512

Musique

InterprèteTitrenotemois
VertigeBipolaire3,57
Facteurs ChevauxChante nuit3,57
Bertrand BetschLa traversée47
CatastropheFizzy2,57
PretendersHate for sale3,57
Thomas DutroncFrenchy17
HERVEHyper3,57
Benjamin BiolayGrand Prix47
A girl called EddyBeen around57
Cyril MokaieshParis Beyrouth48
Roger & Brian EnoMixing colours8
Meryem AboulouafaMeryem48
Strokes (The)The new abnormal4,58
Klo PelgagNotre dame …4,58
ThousandAu paradis3,58
H BurnsMidlife48
Morse Portnoy GeorgeCov3r to cov3r2,58
Deep PurpleWhoosh48
Chuck ProphetThe land that time forgot49
Parisien PeiraniAbrazo49
Kirk SnorreTangerine Rhapsody49
Julien DoréAimée39
ClouOrages4,510
Bruce SpringsteenLetter to you310
Jean Baptiste GuéganRester le même410
Andy ShaufThe neon skyline411
Francis CabrelA l’aube revenant3,511
John LennonPlastic ono band3,511
George HarrisonAll the things must pass3,511
Paul McCartneyPaul McCartney 12,511
Ringo StarrSentimental journey1,511
BeatlesLet it be3,511
EelsEarth to Dora311
Paul McCartneyMcCartney 34,512
Louise VerneuilLumière noire4,512
Jean François FoliezTruite Arc en ciel4,512
Cecilia BartoliAntonio Vivaldi512
The Big MoonWalking like we do3,512
Best CoastAlways tomorrow3,512
Gael FayeLundi méchant4,512
DeWolffTascam Tapes4,512
BarbagalloTarabust4,512